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Parc du Haut-Fourneau > Uckange - Le jour c'est une grande histoire, la nuit c'est une oeuvre d'art.

Val de Fensch - Communauté d'agglomération

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L'histoire du site

Un site patrimonial et industriel unique

La Lorraine bénéficie de richesses historiques : bois, eau, charbon, minerai de fer qui ont favorisé le développement d’une activité sidérurgique importante. Le minerai de fer a d’abord été valorisé par des entrepreneurs locaux, puis par des investisseurs allemands pendant la période de l’annexion et l’usine d’Uckange en est un exemple significatif.

Le développement du patrimoine industriel correspond à un mouvement international qui ne cesse de prendre de l’ampleur à travers l’Europe et la présence sur le territoire du Val de Fensch du seul haut-fourneau du XXe siècle appelé à être conservé en France est un privilège.

Le haut-fourneau et ses annexes ont été inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1995, puis en 2001, suite à une annulation de la première procédure et acquis par la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch en juin 2005. 

Situation géographique

Le Parc du haut-fourneau U4, situé dans un contexte transfrontalier favorable, est visible depuis les autoroutes A31 (axe Nancy/Luxembourg) et A30 (axe Uckange/Longwy). Il s’étend sur une douzaine d’hectares sur le ban de la commune d’Uckange. 

Qu’est-ce qu’un haut-fourneau ?

Un haut-fourneau est un four à combustion interne, destiné à la fabrication de fonte à partir du minerai de fer. Les autres coproduits principaux, issus d’un haut-fourneau sont le laitier (produit issu de la fabrication de la fonte  du haut-fourneau , où il correspond à l’enveloppe du minerai de fer , isolé et rejeté de la fonte liquide par flottation). (valorisé dans les travaux publics, ciment, ballast de voies ferrées…) et le gaz récupéré (monoxyde de carbone, combustible disponible en grande quantité).

Ses points culminants sont la cheminée à 82 mètres et la « nacelle Â» du haut-fourneau à 71 mètres. Le haut-fourneau est accompagné de tous ses éléments techniques annexes (stockage des matières premières, système de chargement, halle de coulée, épuration des gaz…) ainsi que de plusieurs bâtiments annexes nécessaires à l’ensemble de l’usine (sous-station électrique, chaufferie, soufflantes…).

Ce parc industriel complet permet une lecture simple et précise du processus de production de la fonte. 

Historique

En 1890, les frères Stumm , qui possèdent déjà des usines en Sarre, fondent l’usine à fonte d’Uckange avec 4 hauts-fourneaux et en ajoutent 2 en 1904. En pleine période de l’Annexion, cela apparaît comme une volonté pour les entreprises allemandes de se développer dans le nouvel espace « conquis Â». Avec d’autres usines allemandes, elles concurrencent directement les grands groupes lorrains tels « Les petits-fils de François de Wendel et Cie Â» et les autres dynasties lorraines de maîtres de forge. 

L’emplacement du site, entre chemin de fer et Moselle , permet l’acheminement de la production de fonte de moulage et d’affinage de différentes qualités parfois à des milliers de kilomètres. Cette fonte, sous la forme de « gueuses Â», était envoyée à travers la France, dans des usines de fabrication automobile, de bâtis de machine, de sanitaires. Elle était également revendue sous forme liquide à des aciéries où elle était affinée. 

Suite au traité de Versailles qui met fin à la guerre de 14-18, l’usine se retrouve entre les mains d’un groupe français, la « Société des Forges et Aciéries du Nord et de la Lorraine Â». Une première vague d’investissements a lieu à partir de 1929, avec notamment la rénovation du U4 entre 1930 et 1932 .

Au cours des Trente Glorieuses, le site est pris dans les mouvements de réorganisation et de concentration qui traversent la sidérurgie française. Toujours centrée sur la production de fonte, l’usine d’Uckange reste de taille modeste et ne connaît pas de transformations radicales. 

Elle devient filiale d’Usinor puis est modernisée entre 1966 et 1970, en même temps que l’on achève de passer de la minette lorraine, minerai de fer phosphoreux, au minerai hématite importé, plus rentable et adapté aux exigences de la clientèle de la fonderie. À partir de 1975, de nombreuses expérimentations techniques en collaboration avec l’IRSID (centre de recherche situé à Maizières-lès-Metz) sont mises en Å“uvre au sein de l’usine : injection de fuel et de charbon pulvérisé dans les tuyères à la place du coke traditionnel ; chauffage de l’air à l’aide de torches à plasma. Les hauts-fourneaux sont alternativement éteints et rallumés pendant cette période, la marche à deux ou trois hauts-fourneaux s’adapte au rythme des commandes. 

Rendue publique à l’été 1991, l’annonce de la fermeture  du site d’Uckange surprend tout le monde… Pendant six mois, Uckange vit au rythme des manifestations : défilés et pétitions se succèdent au cri de « L’emploi au cÅ“ur ! Â», slogan du collectif de soutien de l’usine. Bernard Lavilliers, comme à la fin des années 1970 lorsqu’il s’est engagé au côté des travailleurs lorrains en lutte, accepte de venir donner un concert de soutien dans l’usine même, au mois d’octobre 1991.

L’ultime moment de la lutte se déroule le 17 décembre 1991  : la population est conviée à assister à la dernière coulée du U1, le dernier des hauts-fourneaux d’Uckange encore à feu. Ce jour marque la fin de l’usine en tant qu’unité de production. 

En 2005, après près de quinze ans d’abandon, la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch devient propriétaire du site et entame immédiatement d’imposants travaux de mise en sécurité et de désamiantage, préalable indispensable à l’ouverture au public et à la mise en Å“uvre du projet de Claude Lévêque, « Tous les Soleils Â». 

Lien utile pour tout connaitre de ce lieu historique : www.mecilor.fr

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